
Catégorie : Parcours Libre
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La maison vide
Je rêve d’un foyer.
C’est le foyer qui alimente mon imaginaire.
C’est lui qui lance tout: y jeter un regard, c’est penser à la vie, là, un temps, hier, demain.À cette vie figée par un départ, par un coup, par des pleurs.
Par des rires, aussi. La vie file et le foyer reste.
Il est immuable parce qu’il est sa propre mémoire,
il est ce qui rassure et qui inquiète, ce qui réchauffe et ce qui brule, ce qui consume.Ce feu intime efface les traces d’une vie passée, des fêtes, des sourires,
il est le cocon des abandons et le terreau des rêves que l’on fait en repensant à lui.
En l’inventant, parfois, complètement.
Le foyer est l’alpha de mes rêves, il en est l’oméga, au milieu la vie s’invite.
Et mes photos racontent. -

Abandonnée
Il y avait la vie, ici, entre ces murs. Il y avait les rires, les pleurs, les joies, les déceptions, les petits combats et les grandes occasions. Il y a eu moins de rires, moins de joies, moins d’enfance et plus d’amertume, c’est la maison qu’on laisse pour que le temps s’écoule. Plus triste? Moins dur. Et ces visages qui changent, ces joues qui désemplissent, celles que la vie rattrape pour qu’elle avance; sans nous. La roue, l’adolescence, et ces murs restent froids, le foyer sans s’éteindre perd toute sa chaleur. Puis, elle, son enfance loin, qui cherche entre ces murs d’impossibles réponses. C’est la mort qu’on convoque avant qu’elle ne s’invite, alors? C’est la vie, aussi. Qui quitte ces murs. Parce qu’il y a la mort, ici, entre ces murs. Et la vie, surtout. La vie.
Ailleurs.



























Voici mon dernier travail photographique personnel.
J’ai mis 2 ans à le finaliser.
Je l’ai pensé comme un livre, il se lit comme tel.
Il s’agit de mon ouvrage le plus intime.
La série Abandonnée a été exposée au Musée de la Carte à Jouer lors de la Biennale d’Art Contemporain d’Issy les Moulineaux, de septembre à novembre 2019.







































